Espagne,  Europe

Majorque

Où-est-ce qu’on part cet été ?

La question qui revient, qui tourne, qui occupe et distrait, qui redonne le sourire pendant la froideur de l’hiver.

Cette année, nous nous sommes décidés aléatoirement, presque par hasard, séduits par une idée originale : aller jusqu’à Majorque depuis le Nord de la France… par la route et le Ferry.

Le 31 Juin, nous voilà donc sur la route (en voiture, sans la climatisation !). Après une étape familiale en Ardèche, nous avons hissé la petite Clio chargée à bloc avec tout notre fatras dans les entrailles jaunes du Corsica Ferry à destination de la plus grande île des Baléares.

Une nuit sur le Ferry, ça a un air de croisière. On voit les lumières tomber petit à petit sur la mer, on sent lorsqu’on marche le léger roulis de l’eau en dessous de l’énorme coque. Et puis, on se souvient que le bateau accoste à 6h du matin le lendemain et on essaye de dormir, tant bien que mal.

Si vous avez vu le film Titanic, vous avez peut-être remarqué comme les classes sociales sont visibles, sur un bateau. Non qu’elles soient invisibles ailleurs, mais lorsque l’ensemble est concentré à bord d’un bâtiment qui navigue, cela ressort de manière encore plus nette. Sur le Titanic, il y avait les riches avec leurs grandes cabines équipées de coiffeuses dorées et emplies de bagages précieux, et puis les pauvres à fond de cale, qu’on pouvait enfermer au moment de couler afin de se garder de la place dans les canots de sauvetage. Sur le Corsica Ferry, il y a les aisés qui prennent cabine et dînent au restaurant de bord dans leurs beaux atours. Et puis il y avait nous, en tongues, avec nos gros sacs à dos, nos oreillers sous le bras et nos sandwich faits maison. Si vous tentez l’expérience, sachez que dormir dans la salle de restaurant n’est pas une bonne idée : il y fait froid. Très froid même. Pour autant, dormir dans le bar Lounge n’est pas forcément mieux. Vous ne pourrez vous endormir que vers minuit pour être réveillés à 5H du matin par la voix robotisée aux accents enjoués, annonçant l’arrivée-et-merci-de-laisser-la-clef-de-vos-cabines-sur-la-porte-merci.

Malgré-tout, ça vaut le coup. Avancer sur la mer est une expérience extraordinaire. Et au petit matin, descendant du bateau dans une lumière encore rosée, vous aurez le sentiment d’avoir vogué jusqu’au bout du monde. Un sentiment satisfaisant, bien loin de l’expéditif trajet en avion.

Dès le 1er jour, ce voyage s’est annoncé sous des hospices réjouissants, avec notre lot habituel de petits tracas et surprises. Ayant pris un Air BNB, nous devions attendre l’après-midi pour pouvoir poser nos valises. Aussi, nous avons décidé de partir immédiatement à l’assaut de la Tramontana et de ses points de vue. Un premier belvédère, une antique Tour, une plage bondée de monde au Cap de Formentor offrant des eaux turquoise… Nous sommes arrivés le soir chez notre hôte déjà rougis par le soleil, des étoiles plein les yeux et salés comme des harengs à force de nous être baigné puis d’avoir grillé au soleil.

Notre hôte s’est révélé très accueillant et fort sympathique. La chambre était confortable quoique victime d’une chaleur étouffante qui aurait été plus appréciée dans le Nord de la France (problème résolu via fenêtre ouverte le soir, calfeutrage la journée, et ventilateur toute la nuit). Les compagnons de notre hôte étaient eux aussi fort accueillants, quoiqu’à l’excès. Deux chiens, un Bouledogue et un Dogue Allemand croisé visiblement avec une race espagnole (ledit croisement n’empêchant nullement la bête d’être absolument gigantesque). Des amours en vérité, mais (vraiment) très collants. Cela mettait de l’animation dans nos repas !

Le Nord de l’île

Le jour de notre arrivée donc, nous avons mis cap au Nord. Nous avons démarré de bon matin avec un petit déjeuner au pied de l’escalier du Calvari de Polença, dans un café. L’estomac rempli, nous nous sommes attaqués au 365 marches (que contrairement à certains pèlerins courageux cités dans notre guide, nous n’avons pas gravies à genoux !). Au sommet, l’Elgesia de Calvari et une vue magnifique sur la baie de Polença, et les toits colorés de la ville. Le soleil frappait déjà fort. Nous avons ensuite repris la voiture pour nous diriger vers le Cap de Formentor. Notre 1erè étape fut le Mirador de Sa Creueta. Ce lieu est assez fréquenté, il est difficile de s’y garer malgré les nombreuses places de parking… mais cela vaut le détour. La vue est étourdissante, les falaises vertigineuses dévoilent une mer qui semble faite de lapis-lazuli. Le vent dans les cheveux, on pourrait y rester des heures, bercés par le son discret de la guitare d’un musicien qui s’était installé là, à l’ombre de son parasol.

Mais nous sommes repartis. Nous voulions, avant midi, monter jusqu’à la Talaia D’Albercuix, une Tour de guet construite au 18ème siècle, qui permettait de surveiller l’arrivée des pirates. Pour la trouver, il faut monter le long d’une petite route sinueuse derrière l’un des parkings du belvédère. Si vous êtes sujets au vertige, préférez y aller à pieds, la route est assez effrayante. En arrivant en haut, on comprend pourquoi la tour de guet fut installée là : l’œil se perd encore plus sur l’horizon que sur le Mirador. La Talaia, ancien édifice tout droit dressé vers le ciel, peut être visitée. Les courageux (ou les fous) peuvent grimper une échelle aux barreaux rouillés, qui semblent ne tenir que par miracle. De là, il est possible d’entrer dans la tour, et même d’aller jusqu’au toit, histoire d’être un peu les rois du monde. En contournant l’édifice, nous avons trouvé à nous installer pour pic-niquer, sur un rocher à flanc de falaise, en compagnie des oiseaux.

Notre dernière étape de la journée fut la Platja de Formentor. C’est un bel endroit, avec une eau bleue turquoise… Mais qui ne vaut pas forcément le détour. Il y a bien trop de monde pour véritablement en profiter, les parkings sont payants, il y a des bateaux amarrés partout dans la baie… Nous avons passé un bon moment, c’était notre premier bain de soleil, notre première baignade dans les eaux chaudes Majorquines. Mais nous n’y serions pas allés si ce n’était pas sur notre chemin.

Nous sommes retournés plusieurs fois au Nord de l’île. Majorque, malgré sa réputation d’île-station balnéaire, est extrêmement riche en sites à visiter, en randonnées à faire, en recoins à découvrir, à condition de mettre le nez hors des villes. Si bien qu’en deux semaines, en partant chaque jour en expédition, nous n’avons dû voir que la moitié de ce qu’il était possible d’explorer.

La deuxième fois que nous sommes allés du côté nord de Majorque, nous avons visité les remparts d’Alcudia. Il est possible de monter dessus sur quelques mètres. Ensuite, on peut les longer, et déambuler dans la vieille ville d’Alcudia qui est un endroit charmant, à l’ambiance médiévale malgré une fréquentation importante. De multiples boutiques attirent le chaland en proposant tout un tas d’objet, un peu d’artisanat, un peu d’attrape-touristes. En soirée, c’est animé et charmant. Nous avons mangé dans un restaurant nommé S’Arc, situé au 22 Carrer d’en Serra. Un endroit assez joli, avec une excellente Sangria maison. Assez cher cependant, et pas adapté à une grosse faim.

La 3ème fois que nous avons mis les pieds à Alcudia, nous avons passé la matinée sur le site de Pol-lèntia. A l’entrée, ce site archéologique ne paye pas de mine : on entre, c’est en plein soleil (et il fait très, très chaud). On distingue les bas vestiges de quelques maisons. Mais le site se poursuit en fait sur plusieurs hectares. Et l’on découvre qu’il fut fondé en 70 av. J-C. et qu’il s’agissait de la principale ville romaine de Majorque (elle s’étendait sur 20 hectares !). L’essentiel du site n’a pas encore été fouillé, nous avons d’ailleurs eu l’opportunité d’observer plusieurs équipes d’archéologues en action. En suivant le chemin, on parvient à un 2ème lieu, des ruines différentes. Nous avons d’ailleurs trouvé des ossements (humains, oui, quelle surprise quand on réalise qu’on est en train de tenir un os d’index vieux de plusieurs centaines d’années). Un peu plus loin, on découvre des tombes, et enfin le théâtre romain, datant du 1er siècle. Assez petit, les gradins sont tellement polis qu’ils semblent redevenir le rocher dans lequel ils ont été taillés. Sur tout le site, on peut déambuler librement, à condition de supporter la chaleur. La théâtre offre la seule zone ombragée, avec une fraîcheur bienfaisante. Tout le lieu est paisible, il y a peu de monde. On s’imagine aisément plongés dans un autre siècle, un autre temps. Nous sommes finalement retourné jusqu’à la voiture pour amener le pique-nique au théâtre et nous imaginer citoyens romain, le temps d’un repas.

Une quatrième fois en expédition vers le nord de Majorque, nous avons fait une randonnée de 2-3h, la promenade des Trois Nids d’Aigles. Le départ se fait à l’Ermita de la Victoria, de là on emprunte un chemin qui grimpe sec à travers la végétation. Brusquement, on se retrouve à flanc de falaise, avec une vue vertigineuse, époustouflante, sur la baie de Pollença et le cap de Formentor. A un moment, la promenade nous fait traverser une sorte de tunnel dans le rocher; ensuite on débouche sur le Penya Rotja qui offre un point de vue à 360° sur la côte nord de Majorque. On se situe alors sur le Cap des Pinar, l’un des plus beaux lieux de randonnée de l’île.

La balade se poursuit par une ascension qui s’apparente à de l’escalade (d’ailleurs, pour l’ensemble de la randonnée mieux vaut prévoir de bonnes chaussures, qui ne dérapent pas!). On est récompensés au sommet pas le Cano des Moro, un point de vue ahurissant près duquel est juché un canon. Il est incroyable en cet instant, alors que nous nous essoufflons sous nos sacs à dos, de songer que des humains sont montés jusqu’ici en traînant cette énorme chose en fonte.

Après avoir profité de longues minutes de l’incroyable panorama qui s’ouvrait sous nos yeux, nous avons entamé la descente vers L’Ermita de la Victoria. Comme il étant encore tôt, nous avons pu profiter d’une sangria puis d’une baignade, après une rapide trajet en voiture jusqu’au pied des lacets menant à l’Ermita. Nous y sommes restés jusqu’au soir : il y avait un petit spot de Snorkelling et nous avons décidé à mi-séjour d’investir dans des masques et tubas. Cette activité est totalement absorbante : une fois sous l’eau, tout semble ralentir, y compris le temps. Les sons sont assourdis, les mouvements plus lents. C’est comme plonger hors du temps. Les cris des baigneurs lorsqu’on sort la tête de l’eau nous poussent à y retourner. La seule chose susceptible de freiner les hardeurs finalement — du moins en ce qui me concerne — c’est un coup d’oeil curieux vers le large. Autant les rochers sont agréables à visiter, lumineux, accueillants, remplis de petits poissons, autant le large semble froid, immense et effrayant. On plisse soudain les yeux, on tâche de voir au loin, d’anticiper l’arrivée que quelque grosse bestiole affamée… mais le regard ne porte pas bien loin sous la mer. Pour peu qu’on ait eu l’idée — brillante, j’en conviens — de regarder des vidéos de requins, et de vérifier la présence dans les parages Majorquins de quelques spécimens avant de partir, et l’imagination peut s’emballer un tantinet.

Pour conclure cette journée en beauté, et me réconforter de mes émotions imaginaires, nous sommes allés dîner le soir au Mirador de la Victoria. En arrivant, il n’y avait plus de place, nous avons donc pu patienter avec une Sangria (oui, encore une, mais c’est plein de vitamines) et un aïoli avec des olives (un amuse-bouche qu’on retrouve dans tous les restaurants Majorquins). Au bout d’1/2 heure, nous fûmes installés et avons pu profiter pleinement de plats très bon dans un cadre exceptionnel, avec vue sur le coucher de soleil.

La dernière expédition que nous avons entrepris dans l’extrême nord de l’Île fut pour nous rendre à la Platja des Coll Baix. C’est une petite plage cachée au pied d’abruptes falaises, qui offre une plage de galets blancs tombant dans une eau translucide. Ce lieu magique n’est accessible que par bateau, ou à pieds. C’est cette 2ème option que nous avons choisie. Nous voici donc partis en voiture, sur de petites routes depuis Alcudia, puis sur un chemin de terre. Il ne faut pas hésiter à avancer dessus jusqu’au dernier parking : il vous restera de toute manière à marcher ensuite. Dans le guide que nous avions avec nous, il était indiqué « une descente facile d’une demi-heure » et « une signalisation indiquant la Platja des Coll Baix ». Finalement, nous avons eu droit à une descente agaçante au milieu des pins : il y a en fait une multitude de petits sentiers, et aucune indication. Nous étions d’ailleurs nombreux à être perdus, car nous avons à plusieurs reprises croisé d’autres personnes nous demandant leur chemin… Voire, nous en avons suivi certains pour arriver à flanc de falaise, sans voie de descente, et n’avoir plus qu’à rebrousser chemin. A bout de patience — et affamés — à force de tournicoter au bord d’une falaise qui nous laissait entrevoir une plage de rêve sans nous laisser y accéder, nous avons même décidé de pique-niquer sur le chemin au lieu d’attendre d’être sur la plage. C’est l’estomac bien rempli que nous avons fini par trouver le bon sentier. Il menait dans un amoncellement rocheux qu’il fallait escalader : cette plage se mérite ! Et elle vaut absolument le détour, c’est un lieu véritablement magique. Nous y avons passé l’après-midi, en compagnie de très peu de monde, et de quelques chèvres qui tentaient de subtiliser de la nourriture dans nos sacs et de brouter nos serviettes. Avec le recul et à la relecture du guide, je réalise qu’il indique qu’il faut suivre un sentier vers la Talaia d’Alcudia, et ensuite descendre vers la Platja des Coll Baix. Peut-être ce chemin est-il finalement plus facile que la voie « directe ».

Cap à l’Ouest

Comment imaginer aller à Majorque sans passer par Palma ? Impossible, nous sommes bien d’accord. Les agoraphobes que nous sommes avons donc pris notre courage à deux mains pour nous aventurer à l’assaut de la capitale de l’île. Il est évidemment difficile de s’y garer gratuitement, mais cela reste possible avec un brin de patience. Nous avons décidé de nous cantonner à la vieille ville et ses trésors, ce qui suffisait bien à occuper richement notre temps. Nous avons démarré en déambulant dans les rues. Comme attendu, il y a beaucoup de monde, mais l’architecture reste très belle. Nous avons ensuite consacré deux bonnes heures à la fameuse cathédrale, absolument grandiose. Prévoir de quoi se couvrir : on ne peut pas entrer en petites bretelles.

Nous avons pris le temps ensuite de visiter le Museu Fundacion, qui propose une belle collection et vaut le détour.

Autre spot à l’ouest de l’île : le monastère de Lluc (Monestir de Lluc). Ce qui nous a poussé à nous y rendre tiens sur l’une des premières lignes de notre guide Lonely Planet : « Ce site d’une grande beauté naturelle est aussi auréolé de légendes ». Le monastère est notamment connu pour la statue de la Vierge de Lluc qu’il abrite et qui serait à l’origine de divers miracles et apparitions. Le lieu est assez touristique, mais la visite reste agréable car les lieux sont vastes. Au delà du monastère en lui-même et de ses différentes ailes, on peut faire le tour d’un jardin botanique (au bout du chemin il y a d’ailleurs une piscine, mais c’est le repaire des familles avec enfants, pas l’idéal pour faire des longueurs)

A partir du monastère, on peut ensuite emprunter un vieux chemin de pierres qui permet de gravir le Pujol des Misteris, ou « colline des mystères ». Ce sentier, d’après notre guide, retrace les mystères du rosaire et du monastère. Il vaut vraiment le détour, la balade est très agréable malgré la forte chaleur qui est atténuée par l’ombre des chênes qui bordent le chemin. L’atmosphère est effectivement particulière, comme si le chemin était situé hors du temps. En récompense pour l’effort la vue au sommet est très belle.

En redescendant de la montagne du Monestir, nous nous sommes dirigés vers Sa Calobra sur les routes de montagne vertigineuses. Tout au long de la route, la vue est époustouflante, tout en ravins, tunnels étroits et lacets. Une route spectaculaire en somme, qui vaut le détour si vous avez le coeur bien accroché. Au bout des virage, nous avons fait halte sur la petite crique de Sa Calobra. Elle est assez fréquentée aussi ne sommes-nous pas restés longtemps, juste le temps de se rafraîchir et de profiter de l’eau couleur émeraude.

Cap à l’Est

A tribord de l’île, nous avons déambulé pendant des heures sur le site préhistorique de Ses Païsses. Ce sont les vestige d’un village vieux de plus de 3 000 ans qui constituent le site talayotique le plus important de l’est de Majorque. Lorsqu’on arrive, on franchit une porte de pierre pour pénétrer dans un monde calme, mystérieux, disparu depuis longtemps mais dont on croirait encore entendre les échos. Le site n’est pas très grand, ombragé. On peut en faire le tour en une vingtaine de minutes, mais les vieilles pierres appellent à la flânerie, aux rêveries, à se perdre dans le temps.

Nous nous sommes arrachés malgré tout au site, après une bonne heure. Pour poursuivre notre périple, nous avons été vers Arta pour visiter le Santuari de Sant Salvador, une forteresse perchée sur les hauteurs de la ville. Le monument s’étend sur 4000 m² offrant non seulement une fenêtre sur le passé médiéval de l’île mais également une vue incroyable sur les alentours.

Toujours en longeant la côté est, nous nous sommes aventurés sur l’une des zones les plus touristiques et balnéaires de Majorque : la cala Ratjada, plus particulièrement la Platja de Son Moll. Il ne faut pas espérer y être tranquille : cette plage est extrêmement touristique est fréquentée. En revanche, on peut facilement s’y installer gratuitement sous un parasol (il y a tellement de monde qu’un couple de pirate des transats passe inaperçu) et l’eau est absolument fabuleuse : turquoise translucide sur plusieurs mètres, chaude. Nous y sommes resté deux heures, avons également trouvé de délicieuses glaces et profité des boutiques pour shopper quelques souvenirs.

Avant ou après votre baignade, vous pouvez vous aventurer dans un parc ornithologique à proximité. Des vélos y sont en libre service et on peut y observer de nombreux oiseaux ainsi qu’une magnifique roseraie.

Dernière escapade de la côte est, nous nous sommes rendus aux Coves Del Drac (grottes du dragon). Prévoyez presque une journée, réservez à l’avance si vous le pouvez : il y a énormément de monde pour visiter ce site. Si vous prenez les tickets sur place, on vous donnera une heure d’entrée plus tard et il vous faudra patienter, longtemps. Malgré ces inconvénients et la foule dont nous ne sommes pas friands, les coves valent largement le détour. De toutes les grottes accessibles de Majorque ce sont les plus grandes et les plus marquantes. A l’intérieur, des formes, des couleurs, des ambiances incroyables. On s’imagine basculer dans un univers magique, on cherche les dragons. La visite dure une heure et se termine par un concert musical à l’intérieur des entrailles rocheuses. Les musiciens jouent depuis une barque sur un lac intérieur. C’est bref, mais magnifique.

Et enfin, le Sud

Pour nos dernières excursions, nous avons poussé jusqu’au Sud de l’île. Première excursion en direction de la Cala Pi, une jolie crique nichée entre les parois escarpées des falaises. L’eau y est calme, turquoise. On peut s’aventurer assez loin, y compris en snorkeling. Il n’y a pas grand chose sur place pour se restaurer (pic-nique recommandé) et la plage est assez fréquentée. Sur le sentier qui la surplombe en revanche, on peut s’installer au calme et profiter de la vue le temps d’un sandwich.
Deuxième étape du périple : la Cap de Ses Salines. C’est un joli promontoire qui forme l’extrémité la plus au sud de Majorque. D’après notre guide, il n’y a pas grand chose à y voir. Effectivement, le lieu est assez particulier : de chaque côté du cap, des plages assez sauvages qui bordent la réserve marine de Majorque. Un paysage rocheux, aride. Le jour de notre passage, le temps était à la tempête : un ciel d’orage assez sombre qui donnait à la mer une allure fantasmagorique qui valait vraiment le coup d’oeil. On peut s’installer sur les rochers le temps d’un livre, d’un pic-nique. Simplement perdre son regard sur la mer grise.

 

Nous avons également pris le temps de visiter le site Botanicactus qui est le plus grand jardin botanique de Majorque. Le site était parfaitement désert, nous étions pratiquement les seuls visiteurs. Le site semble à certains endroits pratiquement à l’abandon, pourtant il a son charme de par les nombreuses plantes qui fourmillent sur les 1600 hectares du parc.

Notre dernière visite au Sud nous a amené sur l’Illa de Cabrera, sur laquelle nous nous sommes rendus sur les conseils de Jaume, notre hôte, qui a d’ailleurs pris soin de nous informer de la présence de requin dans les parages (autant dire que je n’ai pas été très aventureuse en snorkeling, malgré que l’île soit un spot reconnu). Pour s’y rendre, on prend un bateau depuis Sant Jordi qui nous y laisse pour la journée. Sur place il n’y a pas grand chose, mais le site est magnifique et sauvage. On peut grimper jusqu’au château (Castillon de la Cabrera) et faire plusieurs randonnées. Pour celles-ci, il faut normalement une autorisation, mais on peut tenter sa chance sur les sentiers, les gardes étant plutôt bienveillants. Attention cependant à ne pas manquer le bateau de retour, les chemins sont très longs et certains circuits mènent à une marche de plus de 4 heures. La Cabrera, située au milieu de la réserve marine, est surtout connue pour ses spots de plongée et snorkeling, avec de nombreuses espèces de poissons observables. Sur le retour, notre bateau s’est arrêté à Sa Cova Blava (la grotte bleue) : c’est une cavité marine dans laquelle on peut se baigner dans une eau d’un bleu phosphoré. Seul hic pour les frileux : l’aventure se fait sur le retour, au soleil couchant : c’est donc magnifique mais il peut faire froid (surtout lorsqu’on a finit par s’habituer à une température moyenne de 35 degrés). De retour à Sant Jordi, nous avons dégusté une pizza sur le port.

Si vous allez à Majorque…

Ce que nous retenons de notre séjour, c’est que Majorque est bien plus riche que ne le laisse entendre sa réputation d’île balnéaire. Le visiteur, s’il regarde au delà des plages balnéaires et des bars ambiances, trouvera une atmosphère vraiment particulière sur Majorque, de nombreux sites historiques délaissés par le tourisme de masse, des criques discrètes et secrètes, des randonnées exceptionnelles, des paysages incroyables et époustouflants.

Majorque mérite vos meilleures chaussures de randonnées, une soif de se plonger dans son histoire, d’arpenter ses rues secrètes. Pour un séjour à part et qui rende justice au lieu, les journées se prêtent à l’exploration autant que les soirées s’égaillent d’une sangria et d’un aïoli bien mérités.

Un commentaire

  • Gaël GRZELAK

    Quel style d’écriture Siloé ! Et quelle aventure ! On se croirait dans un Jules Verne ! ? Ca donne envie de découvrir 20 000 autres nouveaux lieux ! D’ailleurs, où iront nous cette année ? ?

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